Produits cacher pour Pessah

Pessah occupe une place à part dans le calendrier de la cacherout. Pendant huit jours en diaspora (sept en Israël), il est interdit de consommer ou même de posséder du hamets : pâtes levées issues des cinq céréales (blé, orge, seigle, avoine, épeautre). Cette section regroupe les listes spécifiques de produits autorisés pour Pessah, mises à jour chaque année avec les références du Beth Din de Paris et du Consistoire central israélite.

Définition du hamets

Le hamets désigne les céréales fermentées appartenant à l’une des cinq espèces (blé, orge, seigle, avoine, épeautre) qui ont été en contact avec de l’eau pendant plus de dix-huit minutes sans pétrissage actif, autorisant la fermentation. La matsa, « pain de l’affliction » du sedder, est faite des mêmes céréales mais pétrie et cuite en moins de dix-huit minutes, sous surveillance rigoureuse. Tous les produits qui contiennent du blé, de l’orge, du seigle, de l’avoine ou de l’épeautre fermenté sont interdits.

Sont interdits : pain, pâtes, biscuits, gâteaux, bières, whisky, vinaigre d’alcool de grain, sirops de glucose dérivés de céréales, levures de boulangerie et de bière, sauces à base de soja contenant du blé. Les céréales du petit-déjeuner sont exclues sauf certification spécifique. La poudre à lever et de nombreux ferments doivent être vérifiés un à un.

Kitniyot pour les ashkénazes

Pour les ashkénazes, s’ajoute l’éviction des kitniyot : riz, maïs, légumineuses (haricots, lentilles, pois chiches, fèves), soja, sésame, moutarde, et leurs dérivés (huile de maïs, sirop de maïs, lécithine de soja, tofu, edamame). Cette coutume, prise il y a plusieurs siècles, n’est pas une interdiction biblique mais une protection contre la confusion avec les céréales hamets. Les sefarades, dans leur majorité, consomment normalement les kitniyot pendant Pessah ; certaines communautés sefarades évitent toutefois certains produits par minhag familial.

Pour les couples mixtes (un conjoint ashkénaze, un conjoint sefarade), la halakha applicable est celle de la maîtresse de maison selon la majorité des décisionnaires ; pour une famille adoptant un nouveau minhag, consulter son rabbin. Les listes Pessah du Beth Din indiquent souvent une double catégorisation (« convient également aux ashkénazes » ou « convient seulement aux sefarades »).

Listes officielles annuelles

Chaque année, le Beth Din de Paris, le Consistoire central et les organismes communautaires publient des listes détaillées de produits autorisés pour Pessah : produits laitiers, conserves, surgelés, condiments, vins et spiritueux, hygiène, médicaments. Les listes précisent la marque, le produit, le format, la certification utilisée, la mention exacte qui doit figurer sur l’étiquette (« Casher LePessah »), et la durée de validité (ouvert avant ou après Pessah).

Certains produits sont autorisés seulement s’ils ont été achetés avant Pessah et ouverts avant ; d’autres doivent être achetés spécialement pour la fête. Les huiles, sucres, sels et certains condiments suivent des règles précises. Tout doute doit être levé par consultation du rabbin local.

Médicaments et produits d’hygiène

Les médicaments à avaler doivent être vérifiés (gélule, comprimé, sirop) car beaucoup contiennent de l’amidon ou de l’alcool. Les usages varient selon les opinions halakhiques. Pour un médicament vital (sans goût agréable), la majorité autorise la prise même non casher ; pour un médicament agréable (sirop sucré), la prudence s’impose. En cas de doute pour un traitement chronique, consulter son rabbin et son médecin pour adapter au mieux.

Les produits d’hygiène à usage externe (savons, dentifrices, déodorants, parfums, crèmes) ne posent en principe pas de problème, mais font l’objet de listes complémentaires pour les utilisateurs les plus rigoureux. Le rouge à lèvres, par exemple, peut contenir des ingrédients problématiques ; certaines listes le recensent.

Vins de Pessah

Le vin et le jus de raisin nécessaires pour les quatre coupes du sedder et le kiddouch doivent être casher pour Pessah, sous certification rabbinique. La page dédiée recense les vins disponibles en France, par cuvée, par certification (Beth Din de Paris, Consistoire, autres) et par caviste. Les vins israéliens (Yarden, Carmel, Tabor, Teperberg, Yatir, Recanati), français (Royal Wines, Koenig, Daoulas), et internationaux représentent l’essentiel de l’offre.

Pour la fête, on choisira de préférence un vin rouge pour les quatre coupes (Maharal, Rambam), mais le blanc et le rosé sont aussi acceptés. Pour les personnes ne pouvant boire d’alcool, le jus de raisin casher pour Pessah convient.

Vente du hamets

Avant Pessah, il est d’usage de procéder à la vente symbolique du hamets que l’on possède, via un rabbin mandaté. Le Beth Din met à disposition un formulaire en ligne dans les semaines précédant la fête. Cette vente couvre les produits qu’on ne peut ou ne veut pas jeter (réserves, stocks pour les commerces, certains médicaments). Le hamets vendu est physiquement séparé (placard fermé, signalé) et redevient la propriété de l’acheteur juif après Pessah.

Ménage et inspection

Dans les semaines précédant Pessah, on procède à un grand ménage pour éliminer le hamets de la maison : cuisine en priorité (placards, four, plaques, vaisselle), salon, chambres (recoins où traînent les biscuits), voitures, sacs à main, manteaux. La veille de Pessah au soir se tient la bedikat hamets, recherche rituelle à la bougie. Le matin de la veille a lieu le biour hamets, destruction par le feu du hamets restant.

Préparation de la cuisine

La cuisine est cachérisée pour Pessah : vaisselle spéciale réservée (ou cachérisation des ustensiles compatibles), nettoyage à fond du four, des plaques, du frigo, des plans de travail. Les marmites et la vaisselle de tous les jours sont remisées ; on sort la vaisselle Pessah ou on utilise du jetable. Certains produits (verre lisse, marmite en métal) peuvent être cachérisés par hagala (ébullition) ou libbouna (chauffe au feu) ; les autres restent en l’état.

Sources et fréquence de mise à jour

Les listes Pessah sont publiées en mars-avril de chaque année. Elles sont reprises ici à partir des publications du Beth Din de Paris, du Consistoire central, de la Loubavitch et des sources communautaires reconnues. Toute correction signalée est intégrée sous quarante-huit heures pendant la période Pessah, en raison de la sensibilité du sujet.

Marques

Sources consultees : Consistoire, AlloJ, Rav Wolff.
Derniere verification automatique : 9 juin 2026.