Une liste de produits pour Pessah n’a de valeur que si elle est celle de l’année en cours et celle de l’autorité dont vous dépendez. Les compositions industrielles changent, les supervisions aussi. Cette page ne recopie donc aucune liste : elle indique où trouver celle qui fait foi, comment la lire, et où sont les pièges.
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ToggleOù se trouve la liste officielle
En France, plusieurs instances publient leur propre liste. Prenez celle de votre communauté :
- Beth Din de Paris – Consistoire de Paris : la liste annuelle des produits sélectionnés, la page des alertes et celle des produits retirés. L’édition spécifique à Pessah paraît chaque année dans les semaines qui précèdent la fête.
- Beth Din de Marseille : liste des établissements et documents publiés par le service cacherout du Consistoire de Marseille.
- Beth Din de Lyon : produits et établissements certifiés.
- Consistoire du Bas-Rhin, Nice, Toulouse : chaque consistoire régional diffuse ses propres informations ; certaines listes ne sont pas publiées en ligne et s’obtiennent auprès du secrétariat.
Deux réserves que ces instances formulent elles-mêmes, et qu’il faut prendre au sérieux : une liste vaut à sa date de parution, parce qu’un industriel peut modifier une composition à tout moment ; et pour un établissement, c’est la téouda affichée en vitrine qui fait foi, pas la liste.
Ce qui ne dépend pas d’une liste
Seules cinq céréales deviennent hametz : le blé, l’orge, l’épeautre, l’avoine et le seigle. Le Choulhan Aroukh le pose en tête du chapitre sur la matsa, en précisant que le riz et les autres kitniyot ne deviennent pas hametz (Orah Haïm 453:1).
Un produit brut non transformé ne contient donc pas de hametz par nature. La question, pour lui, n’est pas « est-il hametz ? » mais « qu’a-t-on fait subir à ce produit avant qu’il n’arrive dans mon panier ? » : enrobage, traitement de surface, additif antiagglomérant, conditionnement sur une ligne partagée. C’est ce que les listes tranchent, produit par produit et marque par marque. Une marque peut avoir une référence autorisée et une autre non : rien ne se généralise à tout un catalogue.
Kitniyot : une différence d’usage, pas une divergence sur le hametz
Riz, légumineuses, maïs, sésame et assimilés ne sont pas du hametz. L’usage ashkénaze est néanmoins de s’en abstenir pendant Pessah. Le Rema écrit que certains l’interdisent, que la coutume en Achkénaz est d’être rigoureux et qu’il ne faut pas la changer, tout en apportant trois précisions concrètes : si des kitniyot tombent dans un plat, celui-ci n’est pas interdit après coup ; on peut s’éclairer avec les huiles qui en sont issues ; et on peut garder des kitniyot chez soi pendant la fête (Orah Haïm 453:1).
Conséquence pratique : une liste est établie pour un usage donné. Une liste séfarade et une liste ashkénaze ne classent pas les mêmes produits de la même façon. Vérifiez à quel usage se rapporte celle que vous consultez avant de vous en servir.
Les médicaments se traitent à part
C’est le point sur lequel il circule le plus d’informations approximatives, et celui où l’erreur coûte le plus cher.
La règle qui ne souffre aucune discussion : un traitement nécessaire ne s’interrompt pas et ne se modifie pas pour Pessah. Ce site ne vous dira jamais d’arrêter, d’espacer ou de remplacer un médicament. Un changement de traitement se décide avec le médecin qui l’a prescrit.
Sur le fond, la question est ancienne et elle est disputée. Le Choulhan Aroukh vise expressément les préparations médicinales : une substance mélangée à du hametz et qui n’est pas un aliment ordinaire reste interdite à la consommation jusqu’après Pessah, même pour une quantité infime ; le Rema rapporte aussitôt que d’autres autorités l’autorisent si le mélange a été annulé avant la fête, et retient cette position (Orah Haïm 442:4). Les décisionnaires contemporains distinguent en outre la forme galénique, le caractère vital ou non du traitement, et la présence d’excipients.
Ce que cela veut dire pour vous :
- Un médicament vital se prend, sans question préalable.
- Pour un traitement de confort, la question se pose avant la fête, à votre rabbin, avec le nom exact et la forme du médicament.
- Les listes de médicaments publiées par les instances rabbiniques sont établies pour une édition annuelle et un pays donné : une référence française n’a pas le même dossier qu’une référence israélienne ou américaine, même sous le même nom commercial.
- Votre pharmacien peut vous indiquer la composition exacte, ce qui est souvent l’information qui manque pour trancher.
Nous ne publions aucun classement de médicaments par nom. Une telle liste, sortie de son édition et de son contexte, induit en erreur.
Trois erreurs fréquentes
- Prendre une certification annuelle pour une certification Pessah. Un produit casher toute l’année n’est pas casher pour Pessah. Le tampon doit mentionner explicitement Pessah, pour l’année en cours.
- Réutiliser la liste de l’an dernier. Les compositions changent, et les instances publient chaque année des retraits.
- Mélanger les listes. Une liste de produits ne dit rien des établissements ; une liste d’établissements ne dit rien des produits industriels.
Les dates de Pessah 5787
Pessah 5787 commence le mercredi 21 avril 2027 au soir et s’achève le jeudi 29 avril 2027 à la nuit. Le jeûne des premiers-nés tombe le mercredi 21 avril au matin. Les éditions Pessah des listes officielles paraissent généralement dans le mois qui précède. Voir le calendrier des fêtes 5787.
Sources
- Céréales panifiables et kitniyot : Choulhan Aroukh, Orah Haïm 453:1, avec les gloses du Rema.
- Préparations médicinales contenant du hametz : Orah Haïm 442:4.
- Listes de produits et alertes : Consistoire de Paris, consultées le 7 septembre 2026.
- Dates du calendrier hébraïque 5787 : API Hebcal, vérifiées le 7 septembre 2026.
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